Message d’une voyageuse frustée.

Message d'une voyageuse frustrée.

Quand j’ai créé ce blog, Les Cultivateurs de sagesse, j’avais un objectif en tête : je voulais montrer le beau, le positif, le joyeux. Je voulais parler de toutes les merveilles que ce monde a à offrir et je voulais toujours montrer le côté positif de la vie. Il y a tellement de personnes qui voient la vie à travers des lunettes de négativité. Je voulais instiller du bonheur, de l’émerveillement. Je voulais entraîner mes lecteurs vers le côté lumineux de la vie. Je m’étais promis que peu importe le sujet que j’allais aborder dans mes articles, j’utiliserais toujours le positif et l’espoir pour faire passer mes messages.

Jusqu’à aujourd’hui.

Sensible de nature et grande voyageuse, j’ai vu beaucoup de situations autour du monde qui m’ont touchée, qui m’ont affectée, qui sont venues me chercher comme on dit. La pauvreté est toujours quelque chose que j’ai beaucoup de difficile à côtoyer et durant mes voyages, j’ai réellement vu des côtés extrêmes de la pauvreté. Le système de caste qu’on voit en Inde est aussi difficile à digérer, tout comme le traitement des femmes dans différentes cultures. En voyageant, on est confronté à tous ces problèmes qu’on entend vaguement parler dans les médias.

Mais j’ai remarqué un problème qui me révolte sans cesse quand je voyage. Un problème qui me frustre, me dérange, me donne envie de crier et de pleurer en même. Un problème qui me rend honteuse de faire partie de la race humaine et c’est les déchets. Aaahhhh, juste d’écrire le mot, ça m’enrage.

Les déchets, on les voit partout quand on voyage dans les pays en voie de développement. Ils s’empilent sur le bord des routes, dans les forêts, le long des rivières et des lacs, dans les ruelles, dans les champs et sur la plage. Des endroits naturels magnifiques se retrouvent ensevelis sous des déchets et ça me tue à chaque fois.

On est arrivé en Inde à la fin du mois d’octobre et depuis, les déchets font partie de ma vie quotidienne et je n’arrête plus de penser à ce problème. Tous les jours, peu importe où je vais, c’est immanquable, je dois marcher sur des déchets. Dans la rue ou sur un petit chemin de terre en montagne, sur le bord du Ganges ou sur une plateforme en attendant le train. C’est pathétique. Et le plus choquant c’est depuis qu’on est arrivé à Goa, plus au sud de l’Inde où les plages s’étendent à perte de vue… tout comme les déchets. Chaque jour, à chaque fois qu’on va se baigner, on pêche des déchets. Des bouteilles de bière au fond de l’eau ou des sacs de plastique qui flottent… et c’est là que je deviens honteuse d’être humaine. Mais qu’est-ce qu’on fout à polluer notre planète ainsi?!?! On est con ou quoi?

Mon esprit n’arrête plus de tourner le problème sous tous ses côtés pour essayer d’y trouver une logique, une explication ou du moins une solution. Un des trucs qui me dérangent le plus, c’est que nous, les occidentaux qui vivent dans des villes « propres », on a tendance à croire que le problème est loin de nous et qu’on n’a rien à voir avec ce problème. C’est là qu’on a tort et qu’on est incroyablement naïf. On a le même problème chez nous aussi, c’est juste qu’on le camouffle, dans des déchetteries. On creuse des gros trous et on y enfouit nos déchets. Est-ce que ça nous rend meilleur que les pays qui n’ont pas de déchetterie et qui laissent les déchets s’accumuler n’importe où? Et bien non, le problème reste le même : on pollue la terre avec ces déchets, peu importe s’ils sont enfouis dans le sol ou s’ils jonchent le sol tout simplement.

On a aussi tendance à juger les pays où les déchets sont visibles. On pense qu’ils n’ont aucun respect pour l’environnement, mais il y a un côté de la situation auquel on ne pense pas du tout. Les déchets, ça vient de nos sociétés développées. C’est nous qui avons inventé le plastique, les emballages métalliques, les bouteilles de verres… Et c’est aussi nous, qui avons introduit tous ces déchets dans les pays sous développés. Avant l’explosion du tourisme, les petits snacks emballés individuellement dans des papiers métalliques n’existaient pas, les pailles en plastique n’existaient pas, les contenants pour emporter n’existaient pas, les bouteilles d’eau en plastique n’existaient pas, les bouteilles de bière importée n’existaient pas, les sacs en plastique n’existaient pas… Les gens locaux mangeaient des repas frais, locaux, avec leur main, sur des feuilles de bananes et quand leur repas était terminé, ils lançaient leur feuille de banane dans la forêt, ou sur le bord de la rivière, ou sur la plage. Aucun problème. La feuille était soit mangée par une vache ou un cochon, ou elle se décomposait tout simplement pour faire du compost. Ça, c’est le mode de vie traditionnel auquel les gens en Inde, en Asie, en Afrique, en Amérique du Sud sont habitués. Ces gens ont toujours jeté leur « déchets » dans l’environnement autour d’eux, parce que leur déchets ont toujours été organiques. Jusqu’à ce qu’on introduise tous ces trucs polluants en plastique ou en verre ou en métal pour le confort des touristes. Malheureusement, personne n’a pensé éduquer les gens sur les méfaits de ces produits. Les gens locaux ne savent pas que brûler du plastique, c’est toxique! Les gens locaux ne savent pas que les vaches ne sont pas capables de digérer les emballages métalliques. Ils ne savent pas que les bouteilles d’eau en plastique ne se décomposent pas dans la mer… La création de polluants vient du monde occidental et on se doit de se sentir coupable et responsable de ce problème.

Et je sais que toi, le lecteur qui lit cet article, tu n’es pas l’inventeur du plastique. Mais vois-tu, toi et moi, on est tous les deux coupables d’utiliser et de jeter des produits polluants. La source du problème est  directement liée aux usines qui produisent tous ces beaux emballages polluants, mais tant qu’il y aura de la demande pour ce type de produit, les usines continueront à faire tourner l’économie. On continuera de se frayer un chemin entre les déchets en marchant en Asie ou de se prélasser dans une mer de bouteilles en plastique sous le soleil de Cuba.

Le changement, ça commence dans notre cour qu’on essaie de se le cacher ou non, on a tous le pouvoir de changer notre mode de vie et d’éliminer, ou à tout le moins de réduire, les trucs nocifs pour la planète.

Des exemples :

  • En ce beau temps des fêtes, assurez-vous de choisir du papier d’emballage en papier et non en espère de truc métallique. Encore mieux, utilisez du papier journal pour faire vos emballages.
  • Achetez des gros pots de yogourt au lieu de plein de petits pots individuels. Encore mieux, apprenez à faire vous-même votre yogourt.
  • Achetez le plus de produits possible en vrac et emmenez vos propres contenants. Au Canada, Bulk Barn est super!
  • Les fruits et légumes au supermarché n’ont pas besoin d’être mis dans des sacs en plastique. Deux pommes dans un sac en plastique pèsent le même poids que deux pommes sans sac de plastique.
  • N’oubliez pas d’emmener vos sacs réutilisables quand vous allez faire les courses. Oui, oui, même lorsque vous faites du magasinage chez Simmons ou La Senza ou Toys’R’Us. Partout, partout.
  • Dites non aux pailles en plastique. On peut tous très bien boire notre breuvage à même le verre, on n’est plus des bébés. Mais si vous tenez absolument à avoir une paille, achetez des pailles réutilisables, en acier inoxydable, en verre ou en bambou.
  • Pour les accros du café à emporter, de grâce, achetez-vous une tasse réutilisable.
  • Les sacs Ziploc sont très pratiques, mais saviez-vous que vous pouvez les laver et les réutiliser plusieurs, plusieurs fois?
  • Apportez toujours, toujours une bouteille d’eau réutilisable avec vous pour éviter d’avoir à acheter des petites bouteilles en plastique au dépanneur du coin lorsque vous avez soif. Si vous tenez absolument à boire de l’eau en bouteille, achetez une bouteille de 20 litres et remplissez vos petites bouteilles réutilisables.
  • Des brosses à dent en bambou biodégradable sont maintenant disponibles un peu partout dans les magasins ou en ligne.

Sérieusement, la liste de petits gestes qu’on peut faire à tous les jours s’étirent à l’infini, et comme vous pouvez voir, ce sont tous de petits exemples faciles à intégrer à notre mode de vie. Il suffit seulement de consommer de façon plus responsable et avec plus de respect pour notre belle planète. Ce sera déjà un petit pas vers un monde moins pollué.

Je vous invite à utiliser la boîte à commentaires ci-dessous pour partager votre opinion, vos idées ou vos solutions sur le sujet. Vous pouvez commenter aussi sur Facebook et n’hésitez surtout pas à partager cet article. Plus on est à prendre conscience du problème, plus on pourra rapidement vivre dans un monde sain.

Sur ce, je vous souhaite un beau mois de décembre.Signature MJG

2 Responses

  1. Catherine
    | Reply

    Hello Marie, Hello the World,

    Your post can be seen as pessimistic but in fact it gives motivation to each of us to act cause well, guess what, we have this capacity 🙂

    I am really sensitive to this topic as my parents, when i was a child, used to pack in our hiking bag empty bags that we will filled up on the way down the mountains with wastes found on the way.

    Since then the wastes are a constant eye catcher in my life.

    I love nature, i love when a place looks beautiful.
    But when i see a beautiful beach or street with papers, plastics on the ground, my excitement dropped immediately.

    In NZ i worked in a recycling center which deals with the wastes of only 12.000 people but the amount of wastes brought by the trucks on a daily basis made me sick.

    When I was traveling in Asia, i came exactly to the same conclusion as you described in your article.
    It fact developping countries are the manufacturies of the western world and also its BIGGEST DUMPSTER. We should actually thank China and co…. for handling your wastes and pollutio cause they have the pollution fog instead of us.

    How does it make you feel ?
    Well my feelings concerning this topic, shift from anger to sadness and unfairness (but I am curing myself doing something about it daily).

    Are we responsible, YES WE ARE!
    Can we act, YES WE CAN.

    Eckart Tolle wrote in his book “le pouvoir de l’instant présent” (I have it in french) : “la pollution de la planète n’est que le reflet extérieur d’une pollution psychique intérieure, celle de millions d’individus inconscients, qui ne prennent pas la responsabilité de leur vie intérieure”.

    Once again it came back to this: the Awareness and the felling of Unicity with nature, each other, animals…
    .if we take our responsibilities, if we stop burying our hand in the sand (because it hurts to see the truth, it really hurts I know that), well better are the chances to change the situation.

    We should ask ourself : Do i really like what i see in front of me ?
    If the answer is NO, well It is the perfect time to act and the good news is, we are not alone……go and check the Zero Waste movement for just one example.

    Merci Marie pour ton blog que je lis toujours avec autant de plaisir.
    Même si on ne s’est pas vu depuis un moment, je sais et constate que notre évolution est parallèle.
    Mille bisous

    • Marie-Josée Gagnon
      | Reply

      Merci pour ton commentaire très pertinent Catherine. Et oui, tu abordes un bon point quand tu parles de notre unité avec la nature, les animaux et les gens autour de nous. Quand on perd cette connexion avec tout ce qui nous entoure, on n’a pas l’impression qu’on peut changer quoi que ce soit. On regarde le problème de loin. Mais quand on retourne à la nature et qu’on se rend compte qu’on partage tous la même planète et que chacun de nous a le pouvoir de faire un impact, on se rend vite compte qu’on peut changer le monde.
      Et oui, moi aussi, même de loin, je constate qu’on parcourt un chemin très similaire. Faudrait se revoir un jour! Viens nous visiter au Canada! xx

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